Philosophie et histoire de la médecine mentale

Séminaire doctoral CESAMES (2008-2009)

(Projet « Philosophy, History and Sociology of Mental Medicine »)

Questions philosophiques et épistémologiques sur les psychothérapies


Séance n°1, 15 octobre 2008: Introduction générale

 

A/ Les enjeux théoriques du séminaire :

  1. Ce qui pose d’entrée de jeu problème quand on parle de philosophie et d’épistémologie des psychothérapies : un débat rationnel est-il seulement possible ?
  2. Traiter de questions fondamentales en philosophie de l’esprit non à partir des contraintes neurobiologiques sous-jacentes à la vie de l’esprit, mais à partir des modifications thérapeutiques et donc de la plasticité de l’esprit dans une interaction spécifique avec autrui (interpersonnelle, et aussi sociale) : les psychothérapies.
  3. Une cartographie de l’état actuel du débat philosophique sur les psychothérapies. Premier repère bibliographique : Philosophy and Psychotherapy d’Edward Erwin (1997).
  4. Passer de « l’esprit explique l’esprit » à « l’esprit soigne l’esprit » : reprise des conclusions du séminaire de l’année précédente sur Bolton & Hill. Quelles conséquences pratiques une épistémologie « post-empiriste » a-t-elle ?
  5. De la philosophie à l’épistémologie. « Soigner l’âme » comme problème de philosophie morale, les psychothérapies comme problème épistémologique : difficultés soulevées par ce déplacement de la problématique, tant historiques et sociologiques que conceptuelles. La psychothérapie est-elle et doit-elle être une science (ou une application de la science) ? Le « traitement moral » est-il une dimension indépassable de toute psychothérapie ?

B/ Quelques points névralgiques :

  1. L’idéal de l’autonomie à rendre aux patients. Peut-on objectiver les conditions du mieux-être, y a-t-il une « science » de la psychothérapie si sa destination ultime est morale ? Comment mettre en perspective l’idéal psychothérapeutique moderne de l’autonomie ?
  2. La situation de la psychanalyse par rapport au champ des psychothérapies. Le refus de la problématique de l’autonomie.
  3. Le paradoxe récurrent des preuves « épistémologiquement faibles » de l’efficacité des psychothérapies par contraste avec leur grand succès social : construire le problème à la charnière de la philosophie des sciences et de la philosophie morale et politique. La psychothérapie comme objet anthropologique. Les raisons et les théories à l’œuvre dans le passage des « thérapies comportementales » (TC) aux « thérapies comportementales et cognitives » (TCC) : réflexions sur la construction sur l’autonomisation d’un nouvel espace de discussion scientifique.
  4. La pratique sociale de la naturalisation de l’esprit, et ses effets sur les conditions de l’individualisation personnelle, dans le paradigme des TCC.
  5. L’évaluation de l’efficacité causale des psychothérapies au centre du « champ de bataille » épistémologique contemporain. Les composantes conceptuelles du débat indépendantes de ses composantes empiriques.
  6. La fin de la psychothérapie ? Signification des nouvelles psychothérapies « virtuelles » (où le thérapeute est un robot). Neurosciences et psychothérapie : peut-on vérifier/objectiver l’efficacité d’une psychothérapie par l’imagerie cérébrale ? Peut-on enfin utiliser des connaissances sur le cerveau dans l’interaction psychothérapeutique elle-même ?

Sur le détail de la séance, voir les notes de Sarah Troubé. (nouveau)